La zone de confort est-elle une victime collatérale du développement personnel ? Laissez-moi vous racontez une histoire.
C’est Élie,
Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de l’accompagnement que j’ai fait avec Baptiste ! Évidemment, Baptiste n’est pas tout à fait réel : il est construit depuis diverses expériences de cabinet (déontologie oblige !).
Sur la fiche de prise de rendez-vous en ligne, Baptiste avait écrit : « Enfin réussir à sortir de ma zone de confort ». C’est de ça qu’on va parler aujourd’hui : de la fameuse zone de confort !
Baptiste est un jeune homme de 26 ans qui souffre d’agoraphobie depuis qu’il a commencé à vivre seul, c’est-à-dire depuis ses 19 ans. Au début, il a juste commencé à moins aller dans des soirées trop bondées, puis il a évité les soirées tout court, puis il a évité tous les endroits remplis de monde… À partir de 23 ans, Baptiste évite tous les événements non-obligatoires, quant aux sorties nécessaires, elles généraient vraiment beaucoup d’anxiété !
Un petit aparté sur l’évitement : Plus on évite une situation anxiogène, plus on soulage temporairement l'anxiété... mais plus on renforce à long terme l’idée que cette situation est dangereuse. En résumé, l’évitement calme à court terme, mais il amplifie la peur à long terme.
Ce cercle vicieux de l’évitement, Baptiste l’avait compris, bien compris… Mais la connaissance ne dispense pas de l’expérience, et on a beau savoir d’où vient notre problème, on peut connaître sa mécanique, ça n’empêche qu’il peut rester difficile d’en sortir (tel est l’intérêt de l’hypnose).
Au début, Baptiste a travaillé avec un coach en développement personnel qui le motivait à se forcer à « sortir un maximum de sa zone de confort ». Après quoi, il a vu une psychologue TCC (thérapie cognitivo-comportementale), avec laquelle il avait mis en place un plan d’exposition progressive : cinq minutes dans une petite épicerie, puis trois minutes dans un supermarché, puis cinq…
Il venait me voir sans trop y croire. Toutes les autres tentatives, personnelles ou non (coaching & TCC) n’avaient pas fonctionné. Et ses anxiolytiques étaient ce qui, à court terme, fonctionnait le mieux, mais il n’était pas à l’aise à l’idée d’augmenter les dosages.
Durant le premier entretien, il m’explique combien il est important pour lui de réussir à sortir de sa zone de confort. La zone de confort, c’était le mal à éviter qui semblait inévitable. Il désirait ardemment ce qui lui déclenchait le plus de peur (sortir) et il haïssait le seul endroit dans lequel il se sentait stable (chez lui).
Son discours était très imprégné d’injonctions au dépassement de soi (souvent problématiques et contre-productives dans le développement personnel) : « le confort est la pire des prisons » m’avait-il dit à la seconde séance.
Mais plus nous avancions, plus il devenait évident que sa « zone de confort », comme il l’appelait, n’avait plus rien de confortable. C’était un lieu de tristesse, de honte et de culpabilité… Une souffrance sourde et oppressante.
Comment avons-nous travaillé ?
Au début, je l’ai suivi dans ce qu’il connaissait déjà : on a cherché des stratégies pour réduire le stress pendant les sorties. Parfois, on avançait. Souvent, on reculait. Globalement, s’il était très étonné de ses compétences hypnotiques au cabinet, les résultats étaient comparables à ceux des approches précédentes.
Jusqu’au jour où il est venu totalement découragé. Là, ça devenait vraiment difficile. Je ne me souciais plus du fait de réussir à l’aider à sortir de sa problématique, je me souciais de lui. Alors j’ai tenté autre chose. Je suis à nouveau allé dans son sens. Supposons qu’il ait raison d’être découragé, que jamais cela ne changera.
Alors plutôt que de croire qu’un jour il parviendrait à sortir de cette « zone de confort » insupportable, je lui ai proposé… de l’améliorer.
...